Je voulais laisser un
deuxièmecommentaire à Dorham mais il aurait été trop long. Le débat est vachement
philosophique et donc loin d’être ma tasse thé, ce liquide imbuvable. Allez lire Dorham sinon vous ne comprendrez rien à mes propos.
Dorham, me répondant, a écrit, à propos de l’amitié : « Je crois simplement qu'elle exige une forme de don. Le
partage d'une même condition. Je crois que l'on confond nos relations amicales,
nos affinités, avec l'amitié véritable, comme on confond très souvent la
passion amoureuse avec l'amour véritable. »
Je ne suis pas d’accord, il y met trop de force. Peut-être
confond-il l’amitié avec une forme d’amour viril qu’on pourrait avoir… Je n’aime
pas mesurer l’amitié ou mettre des degrés d’amitié mais peut-être faut-il le
faire. Dans sa définition, il faudrait placer un curseur pour définir le moment
auquel on passe de « relation amicale » à « amitié véritable »
ce qui me semble impossible.
Celui qu’on pourrait appeler « mon meilleur ami »
est un copain depuis près de 35 ans, nous avions tous les deux 11 ans quand on
s’est rencontrés.
A 18 ans, j’ai quitté la maison pour aller étudier et à 21
ans j’ai commencé à travailler. Lui à glandouiller des années avant de trouver
une formation puis un métier, à Loudéac, qui lui convenait. C’est probablement
après que notre amitié s’est développée, au point de partir en vacances
ensemble systématiquement et tout ça, et surtout, maintenant qu’il n’habite
plus Loudéac, mais y travaille, on se voit toujours au bistro, comme quand on
avait 18 ans, quand je rentre toutes les trois semaines. Et on ne se dit pas grand-chose
à part des conneries de comptoir, parce qu’on se comporte comme si on s’était
vus la veille.
Il n’y a aucun don entre nous, on ne partage pas du tout la
même condition. J’ai un niveau de vie largement supérieur au sien (j’ai un bien
meilleur revenu et j’ai fini de payer mon appartement) mais je suis plus
flambeur. Je ne lui donne rien parce que ça impliquerait une forme de
soumission de lui à moi dont on ne pourrait, en aucun cas, faire abstraction, ni
lui, ni moi. Il y aurait une exigence de fidélité, d’exclusivité intenable.
C’est d’ailleurs peut-être ce qui différencie l’amitié de l’amour.
L’amitié n’impose pas d’exclusivité tout comme l’amour n’impose pas de
réciprocité.
J’ai bon, là ?