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vendredi 28 septembre 2012

La dame au Figaro

Je vais souvent déjeuner d’un sandwich au comptoir d’une brasserie, à côté du métro Cambronne. Si vous voulez savoir : le bar tabac à l’angle des rues Frémicourt et la Croix Nivert, voir le point rouge sur l’illustration. Si vous voulez vraiment tout savoir : il y a de la Fischer à la pression ce qui change des bières ordinaires que l’on trouve près de chez moi.

C’est un quartier qui fait assez populaire, avec la rue du Commerce pas loin mais on est aussi très près du bourgeois 7ème arrondissement.

J’étais là, ce midi, quand une dame est arrivée. Très propre sur elle, habillée en bourgeoise avec quelques gros bijoux bien visible et un carré Hermès (je suppose). Elle avait le Figaro sous le bras, histoire de compléter la caricature. Quand elle s’est adressée au serveur pour commander son café, elle était très polie et distinguée. Ce n’était pas une radasse déguisée mais une authentique bourgeoise.

Elle commande un café et demande au serveur le Parisien. Il le lui donne mais devait avoir l’air surpris qu’elle lui fasse la demande vu qu’elle avait déjà un journal sous le bras. Elle lui explique :
-         je ne trouve pas tout dans le Figaro.
-         ah oui, les actualités du quartier ! Elles sont vraiment bien dans le Parisien.
-         Oui mais même pas, pour les actualités générales aussi, il est plus complet.

Si même les bourgeois se mettent à critiquer le Figaro…

Pourquoi l’achètent-ils ?

lundi 7 novembre 2011

Le plan de rigueur au bistro

Les principales dispositions du plan de rigueur annoncé par François Fillon, aujourd’hui, étaient déjà connues hier, ce qui fait que j’ai pu en discuter avec Michel, le patron de l’Amandine, notamment de celle qui le concerne le plus : la hausse de la TVA dans la restauration.

La hausse est « trop faible » pour qu’il puisse la répercuter (il va donc payer de sa poche l’augmentation) mais la mesure l’emmerde : il va falloir qu’il reprogramme ses caisses enregistreuses.

La popularité d’un gouvernement auprès d’un patron de bistro tient à peu de choses…

mercredi 2 novembre 2011

La mort des bistros de banlieue

Ayant travaillé lundi, j’ai considéré ce jour férié d’hier comme un petit week-end. Il a été très significatif d’un phénomène qui s’amplifie depuis plusieurs mois : la mort progressive de l’activité dans les bistros autour de chez moi, à part lors des services du midi, les jours de semaine. Le Kremlin-Bicêtre a une particularité (l’ouverture de grand Centre Commercial en mars 2010) mais je suppose que la plupart des communes de proches banlieues connaissent le même traitement.

Hier, je suis arrivé à l’Aéro vers 12h30. Je n’ai vu de connu que mon pote Claude, et encore une dizaine de minutes seulement, jusqu’à 14 heures. Mon copain Patrice est venu prendre son café mais il me fallait rentrer. Entre temps, je suis passé au PMU où deux clients inconnus étaient au comptoir. La Comète et l’Amandine étaient fermées. Hier soir, je suis passé vers 19h30 à l’Aéro, j’étais le seul client. Je suis parti vers 20h30, directement à la maison.

La veille, l’Amandine a fermé tôt, la Comète n’a pas ouvert. L’Aéro a fermé vers 20 heures, je suis allé au PMU où deux vagues connaissances faisaient la java avec le patron. J’ai très bien été intégré au groupe mais il n’y avait personne d’autre.

Depuis le retour des vacances d’été, c’est à peu près tous les soirs, quand je ne rentre pas à la maison, que je finis tout seul dès 21 heures, quelques clients dinant en terrasse ou en salle.

La baisse est continue depuis assez longtemps. D’importants changements ont eu lieu dans le quartier, Djibril et Joël ne boivent plus d’alcool et ne passent au bistro que pour saluer les copains. Surtout, les bistros ont changé de propriétaire (trois fois à la Comète et deux à l’Aéro, en quatre ans), créant des changements de conditions de fonctionnement des commerces. Il est donc très difficile d’analyser les causes.

Pourtant, une date clé dans cette baisse peut être retrouvée : vers le 25 mars 2010, à l’occasion de l’ouverture du nouveau centre commercial. Cette ouverture n’a probablement eu qu’un très faible impact sur le fonctionnement des bistros, le soir, mais a fortement été ressentie le midi (les gens qui bossaient à la construction et l’aménagement du centre commercial ont arrêté de bosser dans le coin et donc de déjeuner dans le quartier).

On s’était, avec le patron de la Comète d’alors, que la baisse avait peut-être été progressive mais masquée, au niveau du Chiffre d’Affaire par une activité entretenue artificiellement par les ouvriers et ingénieurs du Centre Commercial.

Finalement, il faut voir dans cette baisse un motif essentiellement économique. D’une part, les retraités n’ont plus les moyens. Je croise les vieux de Bicêtre que je connais quand je vais au bistro à mes horaires pas habituels. Ils sont toujours dans le coin mais ne font qu’un rapide tour au bistro. D’autre part, la population de Bicêtre change. Les ouvriers ont déserté (outre le coût de l’immobilier, les deux employeurs du coin ont déménagé) au profit de « cadres Parisiens » qui n’ont plus les moyens d’habiter Paris (je suis peut-être un symbole, mais je continue à aller au bistro)… Bicêtre devient une ville dortoir.

Une dernière raison touche aussi à la démographie. Les « vieux auvergnats » qui faisaient le fond de la clientèle de la Comète, quand je suis arrivé, ne sont plus là, à part le gros Jean-Luc. Ils drainaient des clientèles d’artisans du coin, leurs ouvriers, … Ils sont morts ou repartis au pays. La « clientèle familiale » a ainsi disparu, lentement, prenant une autre tournure avec le départ, en 2007, de Abdel, à l’Aéro (il avait repris le bistro de son oncle, vieil auvergnat par alliance et bossait là, d’abord avec le tonton puis comme patron, depuis une quinzaine d’années) puis de Jean, à la Comète, qui était là depuis presque trente ans.

Je ne sais pas comment tout ça va évoluer…

Pour l’instant, j’ai l’iPhone pour Twitter et lire les flux quand je suis seul au bistro.