lundi 2 mars 2015

Distributeurs de billets : corrigeons Wikipedia

En cherchant un truc pour le boulot, je suis tombé sur la page Wikipedia de « Guichet automatique bancaire » (GAB). Visiblement, j’ai plus de compétences que les rédacteurs qui se sont succédés, notamment pour les pratiques en France. Rien que la première phrase est fausse puisque le machin dit que les GAB font des transactions bancaires alors qu’ils font aussi des machins non bancaires. Ils en citent d’ailleurs deux : la vente de timbres et le rechargement de cartes téléphoniques. Elle dit que les clients peuvent faire des machins en oubliant que des non clients peuvent en faire aussi.

Notons bien que si j’avais une définition à trouver, je serais bien emmerdé. Ce ne serais pas le cas pour « Distributeur Automatique de Billet » (DAB), non seulement parce que l’appellation est implicite mais aussi parce qu’un DAB a une définition réglementaire.

Ce qui nous amène à la phrase : « Le GAB est une extension du DAB (distributeur automatique de billets), qui est un GAB simplifié ne permettant que les retraits. » Un GAB peut très bien ne pas permettre les retraits. Il faudrait néanmoins le refaire en français par l’extension de lui-même simplifié, heu, comment dire ?

« Les GAB permettent l'identification sécurisée des porteurs de cartes grâce au numéro d'identification personnel (NIP), en anglais Personnal Identification Number (PIN). » En français, personne ne parle de « numéro d’identification personnel » mais de code confidentiel et le PIN ne permet pas d’identifier le porteur mais de l’authentifier.

« Quelques GAB reconnaissent les cartes à puce. » Certes… Mais ce qui importe est que les DAB, pas les GAB, reconnaissent les cartes à puce. Notons bien que les reconnaitre est assez facile, ce qui importe (bis) est qu’ils puissent les traiter. Et le traitement de la puce est obligatoire sur tous les DAB en Europe et se généralise dans le reste du monde.

Venons-en à la section « Historique ».

« L'idée de comparer un numéro d'identification personnel (NIP) stocké dans une carte avec celui connu du DAB est le fait de l'ingénieur britannique James Goodfellow en 1965. » Vous pensez réellement que les codes confidentiels étaient stockés dans une carte magnétique, lisible par tout un chacun ?

« Le premier logiciel français transformant les DAB en GAB fut réalisé par Christian Burnier-Framboret pour le compte de SITB (devenue AXIME, puis Atos, leader mondial des moyens de paiements électroniques). Son installation s'est faite dans les années 1987-1988 auprès de trois banques. » Je ne connais pas ce monsieur mais j’ai commencé à travailler sur un logiciel français en 1987. Je faisais alors la maintenance d’applications déployées depuis 1984, sans compter qu’un des premiers fournisseurs de ces machines étaient français et avait son propre logiciel depuis bien avant.

Section « Utilisation »

« Dans la plupart des GAB modernes, le client insère une carte en plastique munie d'une bande magnétique ou d'une puce contenant les données nécessaires à l'identification du client. » Dans la plupart des cas, les machines utilisent la puce et la piste, si la carte a les deux. Ce n’est pas la plupart des GAB mais tous les GAB en Europe.

« Pour demander l'accès à ses comptes, le client saisit un code de quatre à quinze chiffres. » La longueur maximum fixée par les normes internationales est douze. Et essayer de vous en rappeler…

Section « Réseaux »

Elle n’est pas trop erronée mais le « GDG » est maintenant relié à plusieurs réseaux et faire une section au sujet des réseaux sans évoquer Visa, Mastercard, American Express et quelques autres est osé.

« Les GAB n'effectuent de transactions que si l'institution bancaire autorise celles-ci, autorisations qui passent nécessairement par le réseau interbancaire. »  L’institution bancaire est la banque du porteur ou, par délégation, le réseau. Seules les transactions de retrait nécessitent une autorisation.

Section Matériel et Logiciel

« Les GAB font appel à des processeurs avec chiffrement, habituellement installés à l'intérieur de PC enchâssé dans une enceinte sécurisée. » C’est faux. « Enceinte sécurisée » ne veut rien dire et les processeurs avec chiffrement ne sont jamais dans des PC. Ce n’est pas très grave.

« Les GAB se connectent au réseau interbancaire via un modem raccordé à une ligne téléphonique, commutée ou dédiée. » Comme indiqué préalablement dans la fiche Wikipedia, les GAB ne sont pas connectés au réseau interbancaire mais à un GDG. Et à l’époque d’IP, les modems et les lignes téléphoniques sont un peu oubliées… (mais partout).

« Au Canada et aux États-Unis, il est requis que les communications soient chiffrées, cela dans le but de prévenir le vol de données personnelles ou financières. » Cela ne veut pas dire qu’en France les communications soient faites en clair et j’ai un doute sur le chiffrement aux US et pas chez nous…

A propos des systèmes d’exploitation : « D'autres appareils ont recours aux systèmes d'exploitation RMX 86, OS/2 et Windows 98, chacun opérant avec Java. »  Pourquoi pas avec MS-DOS, non plus ? Et que vient faire Java là-dedans ?

Section Fiabilité

« Les GAB sont en général fiables, mais dès qu'ils ont une panne quelconque, le client doit attendre l'ouverture d'une succursale pour obtenir réparation. » Réparation de quoi ?

« Bien que la plupart du temps, les erreurs soient en défaveur des clients, il y a parfois des cas où elles sont en sa faveur. » Quasiment aucune erreur n’est en défaveur des clients… Les banques ne sont pas folles, il y aurait un coût très important en terme d’image et un coût notoire de traitement des litiges.

« Plusieurs GAB impriment les transactions sur un papier, lequel provient d'un rouleau de papier situé à l'intérieur de l'appareil. » Ce n’est pas « plusieurs » mais « tous » vu que c’est une obligation légale et réglementaire (sauf cas de panne).

« L'impression est faite en double, ce qui permet aux institutions bancaires de faire valoir leur point de vue si un client conteste une transaction financière. » Ca fait longtemps que l’archivage des transactions n’est plus sous forme papier, dans la plupart des banques. D’ailleurs : « Dans certains cas, les transactions sont notées électroniquement dans le but de réduire la consommation de papier. » Ce n’est pas la raison principale mais le coût de traitement du papier quand il faut faire des recherches.

Section Sécurité

A mon avis, il ne devrait pas y avoir de « section sécurité » : n’en disons pas trop aux voleurs… Cette section n’est néanmoins pas trop erronée.

« Dans certains cas, des fraudes surviennent lorsque la banque n'insère pas les bons billets, ce qui incite des clients à profiter de la situation. Il semble que les clients qui utilisent ces GAB une première fois ne soient pas poursuivis. Cependant, une deuxième utilisation consécutive mène à une poursuite judiciaire. » Dans ce cas, ce n’est pas une pauvre. Et la banque ne fait pas de poursuite judiciaire : elle perdrait et se rendrait ridicule. Et les clients sont débités de la totalité de la somme obtenue… Il faut alors avoir de sacrés couilles pour porter plainte.

« Des retraits supérieurs à la somme disponible sur le compte et rendus possibles grâce à une erreur de la banque, exposent le client à un délit de vol. » Non. C’est la banque qui l’a dans l’os. Pas la peine de faire des études de droit pour se rendre compte de l’évidence. Par contre, si le client ne restitue pas l’argent obtenu en trop, il peut être emmerdé.

Section « Fabricants de guichets automatiques bancaires »

« L'essentiel de la fabrication des GAB est constitué par du développement logiciel. » Ceci est évidemment n’importe quoi. Le logiciel est important (et me fait vivre) mais la  construction du GAB ne repose pas sur le soft.

Si je peux rendre service.

Si je savais corriger Wikipedia, je le ferai avec plaisir mais j’ai un autre frein : j’ai un doute sur les pratiques en dehors d’Europe (voire de France).

Retrouvailles

Je croyais que c’était en 1996 que je l’ai connu mais c’était en 1997. Peu importe. On avait embauché Arnaud, tout frais sorti d’école, pour un besoin urgent que j’avais,ce qui fait que j’ai été son premier chef, pendant six mois ou un an. On a tout de suite sympathisé. On bossait au siège du cabinet de conseil et on s’était retrouvé tout seul au cours du mois d’août. Il débarquait de sa province (Nantes, je crois) et j’ai la seule personne qu’il connaissait à Paris. Avec sa copine, ils ont pris un appart et ils m’ont invité chez eux. Ils avaient vite commencé à passer une partie de leurs temps à la Comète… devenant très potes avec des copains à moi, avec qui ils sont restés en contact.

Leurs visites se sont espacées, ils sont partis vivre en lointaine banlieue et on s’est perdus de vus vers 2000. Deux ou trois coup de fil de temps en temps, des SMS au premier de l’an…

Le 4 décembre, je buvais un coup avec notre chef de l’époque et il me demande si j’ai des nouvelles d’Arnaud. Je réponds : oui, je crois que ça va. Du coup, je lui ai envoyé un SMS et je me suis rendu compte qu’on n’avait eu aucun échange depuis quatre ans, même pour la bonne année… On s’est donc promis de se revoir rapidement, promesse que l’on prenait à peu près chaque année entre 2000 et 2010.

La semaine dernière, il a fait le premier pas et m’a contacté. On avait rendez-vous au Tourbillon ce midi. On avait une heure trente pour se raconter ces quinze ans…

Tout d’abord, j’avais oublié qu’il faisait une tête de plus que moi mais il a la même tronche qu’à 25 ans. Il m’a reconnu facilement. J’en conclus donc que je n’ai pas changé depuis mes 30 ans. C’est étrange. Quand on vieillit, ceux que l’on a connus beaucoup plus jeunes ressemblent toujours à des gamins alors que ceux que nous prenions déjà pour des vieux cons, à l’époque, étaient probablement moins âgés que nous, maintenant.

En fait, j’avais eu de vagues nouvelles de lui en mai 2014. Il cherchait des informations sur Monéo et était tombé sur un billet que je venais de faire. Surpris de voir un truc aussi précis, il avait cherché le nom de l’auteur et avait vu que c’était moi. Il avait laissé un commentaire.

 C’est ainsi que nous avons parlé de nos centres d’intérêt réciproques, en commençant par moi, avec les blogs et les réseaux sociaux. Il fait partie de ces gens qui ont peur de ces machins… Je peux évidemment parler des réseaux sociaux pendant des heures et des heures.

Toujours est-il que, après, nous avons parlé de lui, son travail, sa vie, ses œuvres,... Et c’est là où je veux en venir :  ça m’a intéressé alors qu’avec toute autre personne, je crois que je m’en serais totalement foutu.


Étrange, non ? C'était un peu comme en 1997, quand je protégeais ce petit jeune, perdu avec sa copine dans l'immensité parisienne.

vendredi 27 février 2015

Créer des blogs ?

C'est une manie, chez moi ! Je viens d'en créer un ici pour tester une plateforme qui semble très sympa, très simple et un cran au dessus d'une grande partie de ce qui existe.

mardi 3 février 2015

Créteil de merde

J'ai eu la chance de trouver une place assise ligne 1. Il y avait une gonzesse et un type en face de moi, visiblement des collègues de travail. La dame expliquait au lascar qu'elle avait la chance d'habiter le vieux Créteil. C'est évidemment risible pour tour tous ceux qui connaissent Créteil. Je connais un peu, c'est "ma" préfecture. Je ne veux pas stigmatiser ces braves gens. 

Toujours est-il que la dame défendait son choix : tu te rends compte, quand ça roule bien, je suis à 35 minutes de Roissy ?

Le type a eu cette réponse géniale : qu'est-ce que tu en as à foutre, tu ne prends jamais l'avion ?

On sentait le "connasse" qu'il a failli sortir. 

lundi 5 janvier 2015

Putain de métro...

C’est assez rare que je prenne deux semaines complètes pour les fêtes. Du coup, à part au mois d’août, je n’ai jamais de congés supérieurs à une dizaine de jours. Il s’est ainsi produit un phénomène inédit ce matin : la peur de prendre le métro… Une espèce d’angoisse inexplicable : j’ai bossé plus de cinq ans à la Défense.

J’ai quand même repris mes habitudes. Je ne suis pas le plus à plaindre des Parisiens. Après tout, le temps de trajet moyen est de 43 minutes, je n’en ai qu’une petite dizaine en plus. Ce temps, de l’ordre de 45 minutes (marche comprise) est stable depuis une quarantaine d’année, malgré l’étalement urbain et toutes les critiques que l’on peut faire de la SNCF et de la RATP.

L’INSEE nous dit « Les Franciliens mettent, en moyenne, 34 minutes pour se rendre au travail : deux fois plus de temps que les provinciaux, alors qu'ils parcourent, en moyenne, des distances identiques. » (il faut prendre en compte les heureux qui habitent à coté du travail et n’ont pas besoin des transports en commun pour expliquer la différence). Près de 20% des franciliens ont plus d’une heure de transport. Le temps de trajet moyen d’un banlieusard est à peu près le même que celui d’un Parisien même si les distances sont plus importantes.

D’ailleurs, j’ai chronométré les temps de trajets des différentes solutions qui me sont offertes (métro avec un changement court, métro avec un changement long, métro avec deux changements, bus + tram + RER B + RER A), les variations sont si faibles qu’elles n’entrent pas dans mon choix (la solution qui semble la plus compliquée est en fait la plus rapide mais la distance entre la gare RER et « ma » tour et les incertitudes).

Vous pouvez lire l’étude de l’Insee. On y trouve des choses passionnantes. Par exemple, les femmes ont un trajet nettement moins long que les hommes car elles privilégient la proximité car elles restent majoritairement en charge des tâches domestiques mais, comme elles privilégient les transports en commun et la marche à pied, elles mettent le même temps… A une époque, j’avais fait une étude, auprès de mes collègues, la plupart ne comptait pas dans le temps de transport qu’ils calculaient pour leurs trajets le trajet entre la sortie du transport en commun et l’arrivée au bureau. J’avais chronométré : entre l’arrêt du métro et l’arrivée à l’étage de la tour, il faut 11 minutes. Ainsi, un type qui pensait mettre une demi-heure pour venir bosser, mettait en fait plus de quarante minutes. Un truc pour ne pas se plaindre ?


Toujours est-il qu’en arrivant la station, ce matin, j’ai vu une foule d’andouilles (qui fait la queue pour renouveler son abonnement mensuel alors que l’abonnement annuel est moins cher et renouvelé automatiquement) et un flux de passagers qui descendaient de « mon » métro, signe que je l’avais loupé à une dizaine de secondes près : j’étais bon pour quatre minutes d’attente supplémentaire.

La rame suivante est arrivée, je suis monté dedans. Et je me suis rappelé ce qui m’horrifiait : j’allais devoir passer 50 minutes debout, dont 40 accroché à une barre, avec quasiment aucune chance de pouvoir m’asseoir.


En sortant du métro et en commençant la marche, j’ai retrouvé ce mal de dos familier que j’avais oublié en quinze jours.

vendredi 2 janvier 2015

Des vœux pour une belle année 2015


Tous les ans, j'ai impression de faire le même vœu : que le niveau monte un peu en politique. 

Voila le tweet d'un footballeur probablement connu et gagnant bien sa vie, Matteu Maestracci (dans la colle, en l'occurrence). Avec les milliers d'euros qu'il gagne, ne peut-il pas se demander si un sdf dormant devant un commerce n'est pas un frein pour la clientèle. On me rétorquera que les clients sont des enfoirés et que les commerçants ne valent pas mieux même s'ils ont peur de devenir SDF.

Cette année, le premier SDF mort est un bébé, dans les bras de sa mère. C'est triste. C'est affreux. Ce n'était pas dans la rue mais dans une gare. Ce n'est pas mieux. 

Il n'empêche que si cela n'interpelle pas un footballeur de voir que des gens pourraient ne pas trouver mieux, pour dormir, que le trottoir devant un magasin, c'est grave. 

Le précédent président de la République avait promis que plus personne ne serait obligé de dormir dans la rue. C'est raté. Je ne sais pas ce qu'avait promis l'actuel (à part que tous les Roms expulsés seraient religés...). 

Alors si on pouvait arrêter toutes ces polémiques à la con et que toutes les andouilles bien au chaud devant leurs ordinateurs pouvaient arrêter de dire aux autres ce qu'ils ont à faire ou ne pas faire...

Ou plutôt, si ! Qu'ils le fassent ! Mais intelligemment. On manque de place pour l'hébergement des SDF, il faut donc soit moins de SDF soit plus d'hébergements. Ne sachant pas comment réduire la misère en claquant des doigts, il faut construire plus d'hébergements. 

Alors je fais un vœu. Un seul. Que les bien-pensant ne s'expriment plus en 140 caractères. Même s'ils ont 20000 followers et qu'ils gagnent beaucoup d'argent avec leur notoriété. 

(Un deuxième : que mes potes arrêtent de les RT) 

Bonne année ! 

Hé ! T'as vu la veule du trottoir ? Y dormir...